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Senior, moi jamais !

Écrit par Institut Français des Seniors. Publié dans Revue de medias

Il y a plusieurs appréciations de l’âge : celui de sa carte d’identité, celui que l’on ressent avoir, et celui que la société vous donne. Avec l’augmentation de l’espérance de vie en bonne santé le décalage entre l’âge que la société vous donne et celui que l’on a dans sa tête s’accroit. Selon l’étude que fait Kantar media chaque année, à 50 ans on se sent 10 ans de moins, « parles moi comme au quadra que je veux continuer à être ». Au-delà de 65 ans l’écart s’accroit : 19 ans de moins.

A 50 ans on déteste être appelé senior, à 70 on adore ça parce que ça évite le mot vieux.

Les vieux ce sont toujours les autres...

Même si, comme le dit le chat de Philippe Geluck « être vieux c’est être jeune depuis plus longtemps, c’est tout ! »

Nous faisons notre la devise de l’AARP, l'association des retraités américains: « life before fifty is just a warming up ! » juste un échauffement...

Quinquados, sexygénaires, ainés..

Parmi les 23 M de seniors il y a 3 générations :

Les 12 M de baby-boomers, entre 50 ans et la retraite, les 5 M de jeunes retraites actifs de la retraite à 75, et les 6 M d’ainés au-delà. A grands traits, qu’est ce qui les différencie et les rassemble ? Ça va dépendre de 3 facteurs : leur âge, leurs étapes de vie et les valeurs de leur génération.

Ce qui structure la vie des premiers, les enfants des 30 glorieuses et de mai 68, ce sont les sujets de couple et de travail. C’est une génération en questionnement sur le sens de sa vie et qui veut lui en donner car le temps passe. Leur mot clé c’est « être moi ». Un sur deux travaille.Certains, un peu comme des adolescents, veulent une chose un jour et son contraire un autre...

Ce qui structure celle des jeunes retraités ce sont les petits enfants et l’engagement dans la cité. Avec la crise et la montée des divorces ils sont devenus les amortisseurs économiques et affectifs de la société .16 milliards d’euros de transfert par an. C’est une des explications de leur plus faible taux d’épargne. Ce sont eux les patrons d’associations et les maires de France. Eux qui font les fins des mois des enfants touchés par la crise, et font papy sitter, une fois par semaine en moyenne. Le moment du passage à la retraite est souvent difficile car il n’est pas préparé par 6 français sur 10, y compris pas financièrement. Mais une fois passé sur la rive de la liberté à plein temps, ça va bien. C’est une génération extraordinairement active et généreuse. Leur mot clé c’est donner.

Ce qui structure la vie des ainés c’est leur état de santé. A 73 ans en moyenne arrive le 1er accident de santé grave. Face à cela ils sont ou dans la sagesse ou dans le repli sur soi, rarement entre les deux. Leur mot clé c’est transmettre.

 Deux grands besoins de vie !

Qu’est ce qui les réunit ? Le 1er besoin de tous les seniors quel que soit leur âge, leur niveau social, leur habitat, c’est le lien social. Ce qu’aucun ne supporte bien c’est la solitude, 1 femme de +70 ans sur 2 vit seule. Cette frontière tend à s’abaisser avec l’augmentation des divorces (18% entre 50 et 60 ans)

Le 2e besoin c’est d’être utile, une autre façon de ne pas être mis à part. C’est pourquoi 1 sur 2 est membre d’une association.

En communication privilégiez les mises en situation de vos produits ou services dans l’inter génération et présentez-les comme des outils de relation.

Un appareil auditif par exemple, ce n’est pas une technique, c’est un moyen de continuer à participer aux conversations. Une télé assistance c’est d’abord un moyen de ne pas peser sur ses proches.

Re–traiter sa vie

En mai 68 on avait 8 ans devant soi arrivé à l’âge de la retraite. Aujourd’hui on en a 27 ans: 3 fois plus!  c’est une 3 e mi-temps de la vie! Cette perspective change tout : les seniors ont un projet de vie à construire. Les seniors d’aujourd’hui sont curieux de tout, plus instruits, plus en forme et plus aisés aussi que leur ainés.

La fin du travail, mes chers parents

Deux sujets majeurs qui affectent les jeunes seniors et qui sont des signes des temps:le travail et la charge de leurs parents.

Celui du travail ?avec deux aspects : rebondir après un licenciement et le cumul emploi retraite (qui a doublé depuis 3 ans : 500 000 personnes). Problème économique, familial, sentiment de discrimination. A 52 ans, on est un jeune président mais un vieux travailleur. 18% des autos entrepreneurs sont des seniors.

Celle du soin à apporter à ses parents. Entre 4 et 8 millions d’aidants familiaux suivant le temps qu’ils y passent. Dans 8 cas sur 10 des femmes. C’est tout l’enjeu du maintien à domicile et des technologies nouvelles d’assistance et d’équipement de la maison qui peuvent apporter de la sécurité à nos ainés (les chutes) et du répit à leurs enfants.

Des consommacteurs

Parlons des seniors clients pour terminer. D’un mot pour dire deux choses :

Les plus de 50 ans représentent 48% de la consommation en France et ont un pouvoir d'achat supérieur de 20% à celui des moins de 50 ans. Leurs revenus disponible de surcroit puisque les enfants sont partis et les emprunts sont payés.

Ils privilégient la qualité au prix.

C’est la génération qui a inventé le marketing dont elle connait toutes les ficelles...

C’est enfin un public qui a du temps et aime lire. Vos contrats, vos documentations vont être décortiquées.

Les seniors paient cash : soyez le aussi avec eux, c’est la meilleure façon d’obtenir leur confiance.

JFK disait « ce qui est intéressant ce n’est pas d’ajouter des années à la vie mais d’ajouter de la vie aux années «. Si vous étés capable de leur offrir ça, vous êtes sur de réussir.

 

Hervé Sauzay

Lancement de la silver economy, Bercy, 24 avril 2013

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